Faut-il recruter un media buyer, prendre un freelance ou passer par une agence ?
Recrutez en interne quand la publicité payante est devenue un poste permanent et assez gros pour occuper une personne à plein temps. Avant ce stade, un freelance ou une agence coûte moins cher qu’un salarié sous-employé et vous donne accès à une expérience plus large. Le choix dépend du volume de dépense, du nombre de canaux et de la place que vous voulez donner à cette compétence dans l’entreprise.
| Critère | Media buyer interne | Freelance | Agence |
|---|---|---|---|
| Disponibilité | Plein temps, dédié à votre marque | Partagée entre plusieurs clients | Une équipe, avec des relais en cas d’absence |
| Connaissance du produit | La plus fine, au fil des mois | Variable selon l’implication | Bonne si un interlocuteur stable suit le compte |
| Étendue des compétences | Celles d’une personne | Souvent une spécialité, un ou deux canaux | Plusieurs profils (média, créa, tracking) |
| Coût fixe | Salaire et charges, même en période creuse | Facturé à la mission ou au mois | Honoraires selon le contrat |
| Délai de démarrage | Recrutement, préavis, intégration | Rapide si le profil est disponible | Rapide après l’audit initial |
| Risque principal | Erreur de recrutement, isolement | Dépendance à une seule personne | Compte confié à un junior |
Le schéma que nous voyons fonctionner le mieux en croissance est mixte. Un media buyer interne pilote les campagnes au quotidien et porte la connaissance du produit. Un prestataire extérieur apporte un regard d’audit, un canal que l’équipe ne maîtrise pas encore ou la production de créas. Pour comparer les prestataires, voyez nos guides consultant Google Ads et choisir une agence publicité en ligne.
Que mettre dans la fiche de poste d’un media buyer ?
Une fiche de poste utile précise les canaux, le budget géré et les indicateurs dont la personne sera responsable. « Gérer nos campagnes social ads » attire tous les profils et n’en qualifie aucun. Indiquez plutôt les plateformes, l’ordre de grandeur de la dépense mensuelle et les objectifs, en ventes, en leads ou en notoriété.
Les rubriques à remplir
- Périmètre. Plateformes gérées (Meta, Google, TikTok, LinkedIn…), canaux exclus, part de création de campagnes et part d’optimisation.
- Responsabilités chiffrables. Le coût d’acquisition ou le ROAS que la personne pilote, le reporting attendu et sa fréquence.
- Interfaces. Avec qui elle travaille (créa, produit, données, direction) et qui valide les budgets.
- Autonomie. Le montant qu’elle peut réallouer seule et ce qui demande une validation.
- Outils. Gestionnaires de publicités, outil d’analyse, tableur, outil de tableau de bord.
Quel intitulé choisir ?
« Media buyer » est l’intitulé courant dans les agences et les marques e-commerce. L’Apec ne publie pas de fiche sous ce nom. Le métier le plus proche dans son référentiel est celui de traffic manager, chargé d’optimiser les leviers d’acquisition de trafic, du référencement payant à l’achat d’espaces display (Apec, fiche traffic manager). Publiez l’annonce sous les deux intitulés, ou sous « chargé d’acquisition », pour toucher les candidats qui cherchent avec d’autres mots.
Quelles compétences vérifier chez un media buyer ?
Vérifiez d’abord la capacité à relier une dépense à un résultat business, ensuite la maîtrise des plateformes. Les interfaces changent tous les ans, alors qu’un raisonnement sur la marge, l’attribution et les tests reste valable. Un candidat qui parle de CPM et de CTR sans jamais évoquer la marge ou le coût d’acquisition pilotera ce que la plateforme lui montre.
Les compétences techniques
- Structuration de campagnes et réglages d’enchères sur les plateformes du poste.
- Lecture du tracking, avec ses limites. Savoir pourquoi les conversions de Meta et celles de Google ne s’additionnent pas.
- Conception de tests, une variable à la fois, avec un critère d’arrêt écrit.
- Brief créatif. Le media buyer voit quelles publicités tiennent et doit savoir demander les suivantes, comme le décrit notre guide sur les créas Meta Ads.
- Analyse dans un tableur, pour croiser les données des plateformes avec les ventes réelles.
Que valent les certifications ?
Elles prouvent des bases, pas une expérience. Les certifications Google Ads s’obtiennent sur Skillshop, avec un score minimal de 80 %, et restent valables un an (Google Ads, certifications). Une certification à jour montre que le candidat suit les évolutions de la plateforme. Elle ne dit rien de sa capacité à rentabiliser un compte, que seul le test pratique permet d’évaluer.
Les qualités moins visibles
La rigueur sur les réglages, la patience face aux phases d’apprentissage et l’aptitude à dire qu’un test a échoué. Un bon media buyer explique ses erreurs passées avec précision. Méfiez-vous des profils qui n’en citent aucune.
Quel salaire prévoir pour un media buyer ?
La seule référence publique et sourcée que nous retenons est celle de l’Apec pour le métier de traffic manager, le plus proche du media buyer. Selon sa fiche consultée en octobre 2026, 80 % des offres d’emploi proposent une rémunération annuelle brute, fixe et variable compris, entre 33 k€ et 65 k€, avec une moyenne de 46 k€ (Apec, fiche traffic manager).
Lisez cette fourchette avec deux précautions. Elle porte sur les salaires proposés dans les offres, pas sur les salaires réellement versés. Elle couvre aussi un métier plus large que le seul achat média, puisque la fiche inclut le référencement naturel, l’affiliation et l’e-mailing. L’Apec indique que le poste est ouvert aux jeunes cadres et qu’une expérience de 3 à 5 ans dans le web est généralement demandée.
Le niveau dans la fourchette dépend surtout du budget géré, du nombre de plateformes et de l’autonomie attendue. Une part variable indexée sur un indicateur est possible. Choisissez alors un indicateur que la personne contrôle et qui ne pousse pas à dépenser plus, comme un coût d’acquisition sous plafond plutôt qu’un volume de dépense.
Comment évaluer un candidat avec un test de recrutement ?
Un bon test met le candidat devant un compte réel, en lecture seule, ou devant un export de données anonymisées, avec une question précise et un temps limité. Le test doit révéler une méthode, pas produire un travail que vous utiliserez ensuite. Un test de plusieurs jours sur votre compte réel ressemble à une mission non payée, et les meilleurs candidats le refusent.
Le format que nous recommandons
- Un export de trois mois de campagnes, sans nom de marque, avec dépense, résultats et marge.
- Une question ouverte, par exemple « vous disposez de 20 % de budget en plus le mois prochain, où le mettez-vous et pourquoi ? ».
- Deux heures de préparation au maximum, puis une restitution orale de vingt minutes.
- Un temps de questions où vous contestez ses choix, pour voir comment il défend ou révise son raisonnement.
La grille de notation
Notez séparément le diagnostic, la priorisation, la prudence face aux données et la clarté de l’explication. Le candidat a-t-il repéré que deux campagnes se concurrencent ? A-t-il demandé la marge avant de recommander un ROAS ? Propose-t-il un test pour vérifier son hypothèse, ou affirme-t-il un résultat ? Ces réponses vous en apprennent plus que la liste des outils maîtrisés.
Quelles questions poser en entretien ?
Posez des questions qui obligent à raconter une situation vécue, avec des chiffres et une décision. Les questions générales sur les « bonnes pratiques » produisent des réponses que tout le monde a lues.
- Racontez une campagne qui a échoué. Comment l’avez-vous vu, et qu’avez-vous changé ensuite ?
- Comment fixez-vous le coût d’acquisition maximal d’une marque que vous découvrez ?
- Les conversions de Meta et de Google dépassent les ventes de la boutique. Que faites-vous ?
- Quand augmentez-vous un budget, et de combien à la fois ?
- Comment décidez-vous qu’une créa est usée ?
- Quel reporting envoyiez-vous à votre direction, et qu’en faisait-elle ?
Écoutez autant la forme que le fond. Un candidat qui distingue ce qu’il sait de ce qu’il suppose sera plus fiable sur un compte que celui qui a une réponse ferme à tout.
Comment réussir l’intégration des premiers mois ?
Préparez les accès, les objectifs et le calendrier avant le premier jour. Un media buyer qui passe sa première semaine à attendre des droits sur les comptes publicitaires commence mal, et la tentation de partager un mot de passe apparaît.
Donner les bons accès
Ne partagez jamais d’identifiants. Sur Google Ads, attribuez un niveau d’accès nominatif. Le niveau Standard permet de modifier les campagnes et de gérer les conversions, le niveau Administrateur ajoute la gestion des utilisateurs et de la facturation (Google Ads, niveaux d’accès). Google recommande d’avoir plusieurs administrateurs sur un compte. Sur Meta, ajoutez la personne à votre portefeuille business, ou ajoutez son agence comme partenaire si elle vient d’un prestataire (Meta, accès d’un partenaire). Notre guide compte publicitaire agence détaille qui doit rester propriétaire de quoi.
Un plan sur trois mois
Le premier mois sert à l’audit et à l’observation, sans changement majeur sur les campagnes. Le deuxième, la personne prend la main sur un périmètre limité et lance ses premiers tests. Au troisième, elle gère l’ensemble et présente sa première revue mensuelle. Ce calendrier tient dans la période d’essai d’un cadre en CDI, dont la durée initiale maximale est de 4 mois, renouvelable une fois dans la limite de 8 mois si l’accord de branche et le contrat le prévoient (Service-public.fr, période d’essai).
Vérifiez aussi la mesure avant de juger les résultats. Si le tracking est fragile, le nouveau venu héritera de chiffres faux et sera évalué sur eux. Un audit préalable par une agence tracking publicitaire évite ce biais.
Quelles erreurs éviter quand on recrute un media buyer ?
La plus fréquente est de recruter trop tôt, avant d’avoir un canal qui fonctionne. Le media buyer arrive alors avec la mission de trouver le marché, ce qui relève de la stratégie et du produit plus que de l’achat média. Il échoue souvent, et l’entreprise conclut à tort que la publicité ne marche pas pour elle.
- Recruter un profil junior seul. Sans personne pour relire ses choix, il apprend sur votre budget.
- Juger sur le premier mois. Les phases d’apprentissage et l’audit occupent les premières semaines.
- Fixer un objectif de ROAS sans marge. La personne optimisera un chiffre qui ne garantit pas la rentabilité.
- Oublier les créas. Un media buyer sans flux de nouvelles publicités ne peut que redistribuer le budget entre des créas qui s’usent.
Si vous hésitez encore entre embaucher et externaliser, nous pouvons en parler à partir de vos chiffres. Notre agence performance marketing accompagne aussi des équipes internes, en audit ou en renfort sur un canal.