Produit refusé, avertissement ou compte suspendu : de quoi parle-t-on ?
Merchant Center sanctionne à deux niveaux. Un produit peut être refusé ou voir sa diffusion limitée, sans toucher au reste du catalogue. Un problème au niveau du compte, lui, concerne toute la boutique et passe en général par un avertissement avant la suspension.
Google le décrit ainsi. Pendant un avertissement, vous recevez un e-mail avec des exemples à corriger avant une date limite, et vos produits continuent de s’afficher, parfois avec des performances réduites. Si le problème n’est pas résolu, le compte est suspendu et plus aucun produit n’apparaît sur Google (Google, Problèmes dans Merchant Center).
Ce n’est pas une simple nuance de vocabulaire. Un produit refusé se corrige en quelques heures. Une suspension du compte coupe d’un coup les annonces Shopping, les campagnes Performance Max qui s’appuient sur le flux et les fiches gratuites. Le diagnostic doit donc commencer par une question simple, à quel niveau se situe le problème.
| Niveau | Ce que vous voyez | Effet sur la diffusion | Urgence |
|---|---|---|---|
| Produit refusé | Statut « Refusé » ou « Limité » sur une partie des produits | Les produits concernés ne sont plus diffusés ou le sont moins | À traiter par ordre de chiffre d’affaires |
| Avertissement de compte | Bannière et e-mail avec une date limite | Diffusion maintenue jusqu’à la date, parfois réduite | Haute, la date est ferme |
| Compte suspendu | Bannière de suspension, plus aucun produit diffusé | Arrêt de Shopping, des fiches gratuites et du flux utilisé par Performance Max | Immédiate |
Où lire le motif exact du refus ?
Dans la section Produits de Merchant Center, onglet « Attention requise ». Google y affiche les bannières des problèmes au niveau du compte et la liste des produits concernés. Pour un produit, le bouton « Corriger » ouvre sa fiche et le détail de l’attribut en cause (Google, Demander un examen de vos problèmes).
Lisez le libellé exact plutôt que le résumé de l’e-mail. « Prix incohérent », « Valeur non valide pour l’attribut GTIN » et « Déclarations trompeuses » n’appellent pas du tout le même travail. Le premier se règle dans le flux, le deuxième dans les données produit, le troisième sur le site lui-même.
Notez aussi la date d’apparition du problème. Nous la rapprochons systématiquement de ce qui a changé ce jour-là, une mise à jour du thème, une nouvelle application de prix barrés, une modification des frais de port, l’ajout d’une gamme. Dans les dossiers que nous reprenons, la cause se trouve souvent dans les jours qui précèdent la première alerte.
Quels motifs de refus et de suspension reviennent le plus souvent ?
Cinq familles couvrent l’essentiel des cas. Les déclarations trompeuses, les prix incohérents entre le flux et le site, les identifiants produit invalides, la livraison mal déclarée et le site non validé. Viennent ensuite les produits interdits ou soumis à restrictions, définis dans les règles de Google relatives aux annonces et aux fiches Shopping.
Ces règles se répartissent en contenus interdits, pratiques interdites, contenus soumis à restrictions et exigences éditoriales et techniques. Google indique combiner son IA et une évaluation humaine, et suspendre les comptes en cas d’infractions flagrantes ou répétées.
| Motif affiché | Ce que Google reproche | Où vérifier | Correction habituelle |
|---|---|---|---|
| Déclarations trompeuses | Informations manquantes ou trompeuses sur l’entreprise, les prix ou les conditions de vente | Site : contact, livraison, retours, paiement, page À propos | Rendre les conditions visibles et cohérentes, puis demander un examen |
| Prix incohérent | Le prix du flux ne correspond pas à la page de destination | Fiche produit, données structurées, fréquence de synchronisation | Aligner le flux sur le site, accélérer les mises à jour |
| GTIN non valide | Code absent, inventé ou dans une plage réservée | Attribut [gtin] des produits concernés | Code du fabricant ou aucun code pour un produit sans GTIN |
| Livraison manquante ou incohérente | Frais ou délais absents, ou différents du tunnel de commande | Paramètres de livraison du compte, attribut [shipping] | Reporter exactement les conditions du site |
| Site non validé ou non revendiqué | Google ne peut pas relier la boutique au compte | Informations sur l’entreprise, validation de l’URL | Valider puis revendiquer l’URL |
| Produit interdit ou restreint | Catégorie non acceptée ou soumise à conditions | Règles Shopping de la catégorie | Retirer le produit ou remplir les conditions |
Pourquoi Google juge-t-il votre boutique trompeuse ?
Parce qu’un client pourrait être induit en erreur sur qui vend, à quel prix ou à quelles conditions. La politique « Déclarations trompeuses ou déceptives » vise les offres qui omettent des informations pertinentes ou en donnent de fausses (Google, Déclarations trompeuses ou déceptives). C’est le motif de suspension le plus redouté, car il met en cause la boutique entière.
Google y range notamment l’usurpation d’identité et les fausses coordonnées, le prix total non indiqué ou des frais cachés, les tactiques d’appât, des délais de traitement longs cachés dans un texte secondaire, des frais imprévus révélés au paiement, ou un délai de retour qui court à partir de l’achat plutôt que de la livraison. Les infractions graves entraînent une suspension immédiate, sans avertissement. Les autres donnent lieu à un avertissement de 7 à 28 jours avant suspension.
Ce que nous vérifions sur le site avant tout réexamen
- Une page de contact avec des coordonnées réelles et joignables, cohérentes avec les informations déclarées dans Merchant Center.
- Des conditions de livraison et de retour accessibles depuis chaque page, avec les mêmes frais et délais que le tunnel de commande.
- Un prix total visible avant le paiement, frais de port et éventuels suppléments compris.
- Des allégations produit défendables, sans promesse de résultat miracle, en particulier en beauté, santé et bien-être.
- Un pays d’expédition réel indiqué quand les produits partent de l’étranger.
- Un tunnel de paiement complet et fonctionnel, sans page en construction ni lien mort dans le pied de page.
Une boutique fraîchement lancée sur un thème par défaut, sans page À propos et avec des pages légales génériques, cumule souvent plusieurs de ces signaux. Corriger un seul point puis demander un examen fait rarement lever la suspension.
Prix incohérent : pourquoi le flux et la page ne disent-ils pas la même chose ?
Parce que le flux et le site ne sont pas mis à jour au même moment, ou parce que Google ne lit pas sur la page le prix que vous croyez afficher. Google cite les mises à jour asynchrones, des données structurées incorrectes, des dates ou fuseaux horaires erronés pour les prix soldés, et des prix différents selon qu’un internaute ou un robot consulte la page. Le problème peut aller jusqu’à la suspension du compte (Google, Résoudre le problème : prix du produit incohérent).
Après correction, Google réexplore les pages dans les heures ou les jours qui suivent. Rien ne sert donc de relancer dix fois la synchronisation. Mieux vaut comprendre pourquoi l’écart s’est produit.
Les causes que nous trouvons le plus souvent
- Des soldes programmées sur le site, alors que le flux ne se synchronise qu’une fois par jour.
- Un prix barré affiché par une application tierce, absent des données structurées de la page.
- Un prix affiché TTC sur le site et envoyé hors taxes, ou dans une autre devise, dans le flux.
- Une variante moins chère sélectionnée par défaut sur la page, alors que le flux envoie le prix d’une autre taille.
- Un prix réservé aux membres ou un code promo automatique appliqué seulement au panier.
Les mises à jour automatiques des articles aident en cas d’écart ponctuel. Merchant Center peut corriger le prix, le prix soldé, la disponibilité et l’état à partir de la page de destination. Google précise qu’elles servent à corriger une petite proportion de produits et qu’elles fonctionnent mal quand le prix ou la disponibilité change plus d’une fois par jour (Google, Autoriser Merchant Center à mettre à jour automatiquement les informations produit). Elles ne remplacent pas un flux juste.
GTIN et identifiants produit : refus ou visibilité limitée ?
Le plus souvent, visibilité limitée. Google recommande le GTIN pour tout produit auquel le fabricant en a attribué un, et indique qu’un code absent ou incorrect peut limiter la visibilité du produit. Un produit sur mesure ou de marque propre sans GTIN du fabricant n’en a pas besoin (Google, Code GTIN [gtin]).
Un GTIN faux pose plus de problèmes qu’un GTIN absent. Google vérifie le chiffre de contrôle et refuse les plages réservées, préfixes 02, 04 et 2, ainsi que les plages de coupons, préfixes 05, 98 et 99. Sa consigne est explicite, ne devinez pas et n’inventez pas de code, et n’en indiquez aucun en cas de doute.
Les erreurs classiques
- Le même GTIN recopié sur toutes les variantes de taille ou de couleur, alors que chaque variante a le sien.
- Des codes internes ou des références fournisseur saisis dans le champ GTIN.
- Des GTIN achetés à un revendeur non officiel, qui ne sont pas rattachés à votre entreprise.
- Une marque propre qui laisse le champ vide sans indiquer la marque ni la référence fabricant.
Pour une marque qui fabrique elle-même ses produits, la bonne réponse est de demander des codes à GS1, ou d’assumer l’absence de GTIN en renseignant proprement la marque et le MPN. Le flux et sa structure par marge relèvent ensuite du travail de notre agence Google Shopping.
Livraison et validation du site : les blocages au niveau du compte
Ce sont deux prérequis sans lesquels aucun produit ne s’affiche, même parfaitement décrit. Côté livraison, Google demande que les frais indiqués dans Merchant Center soient aussi proches que possible de ceux du site, et que les paramètres du compte et les données produit soient cohérents entre eux. L’attribut [shipping] d’un produit remplace les paramètres du compte pour la zone concernée (Google, Configurer les paramètres de livraison pour l’ensemble d’un compte).
L’erreur typique vient d’un changement de transporteur ou d’un seuil de livraison gratuite modifié sur la boutique, jamais reporté dans Merchant Center. Dans un cas hypothétique, le client voit 4,90 € de port dans l’annonce et 6,90 € au panier, et Google finit par le constater.
Validation et revendication de l’URL
La validation prouve que vous pouvez modifier le site. La revendication réserve son adresse à votre compte, car une URL ne peut être revendiquée que par un seul compte Merchant Center, sauf multicompte dont les sous-comptes héritent des droits. Les méthodes possibles sont l’e-mail du domaine, la plateforme e-commerce, une balise ou un fichier HTML, Google Tag Manager ou Google Analytics (Google, À propos de la validation des URL des boutiques en ligne).
Une validation qui échoue s’explique souvent par une balise retirée lors d’un changement de thème, ou par un ancien compte encore propriétaire de l’URL. Sur Shopify, la connexion se fait par le canal Google & YouTube, que nous configurons avec notre agence Shopify.
Comment demander un réexamen sans gâcher sa chance ?
Corrigez tout, vérifiez sur le site, puis demandez l’examen depuis l’onglet « Attention requise ». Google propose deux options, « J’ai corrigé le problème » et « Je ne suis pas d’accord avec le problème ». La seconde demande une justification et parfois des documents, et Google prévient que vous n’aurez peut-être qu’une seule chance de l’utiliser (Google, Demander un examen de vos problèmes).
L’examen d’un problème de compte peut prendre jusqu’à 7 jours ouvrés. En cas de refus, une période d’attente peut commencer, pendant laquelle le bouton de demande est désactivé, et le nombre d’examens possibles peut être limité. Une demande prématurée coûte donc du temps. Pour un produit refusé, Google indique que la révision prend en général 24 à 48 heures.
Notre ordre de travail
- Lister tous les problèmes affichés, au niveau du compte et des produits, avec leur date d’apparition.
- Corriger le site d’abord, puis le flux, puis les paramètres de livraison et de retour.
- Contrôler une dizaine de fiches produit à la main, sur mobile, en navigation privée, en comparant prix, stock et frais de port avec le flux.
- Importer une pièce d’identité ou un justificatif d’entreprise si l’onglet le demande.
- Choisir « J’ai corrigé le problème » quand il y avait une erreur, réserver le désaccord aux cas où Google s’est trompé, preuves à l’appui.
- Ne rien modifier de majeur sur le site pendant l’examen.
Si l’examen est refusé, relisez le motif. Il arrive qu’un second problème, masqué par le premier, apparaisse à ce moment-là. Mieux vaut le traiter entièrement avant de redemander un examen.
Comment éviter une nouvelle suspension ?
En surveillant le diagnostic comme un indicateur de vente, au moins chaque semaine, et avant chaque temps fort commercial. Une hausse soudaine des produits refusés annonce souvent un avertissement de compte quelques jours plus tard.
Trois habitudes suffisent dans la plupart des boutiques. Synchroniser le flux plus souvent pendant les soldes et les promotions. Vérifier Merchant Center après chaque changement de thème, d’application de prix ou de transporteur. Garder la liste des comptes qui ont accès à Merchant Center et à la revendication de l’URL.
Merchant Center fait partie de tout audit de compte. La checklist d’audit Google Ads lui consacre une partie entière, et notre guide Performance Max explique pourquoi un flux refusé dégrade aussi ces campagnes. Si la suspension dure ou revient, notre agence Google Ads reprend le diagnostic complet, du site aux campagnes.